Le BOFiP du 2 juillet 2025 intègre les articles 33, 34 et 35 de la loi de finances n° 2025-127 du 14 février 2025. Ces nouvelles dispositions apportent des évolutions majeures aux dispositifs de soutien à l’investissement productif outre-mer. Elles visent à accroître l’attractivité de certains territoires ultramarins, en particulier la Nouvelle-Calédonie et Saint-Martin, tout en recentrant les avantages fiscaux sur des projets structurants pour l’économie locale.

Les nouveautés fiscales en détail

Réhabilitation post-émeutes en Nouvelle-Calédonie (Article 33)

Un dispositif temporaire est instauré pour faciliter la reconstruction des actifs professionnels détruits lors des émeutes du 13 mai au 31 août 2024.

  • Les acquisitions d’immeubles (hors habitable) accompagnées de travaux de rénovation lourde deviennent éligibles à la réduction d’impôt prévue aux articles 199 undecies B et 244 quater Y du CGI.

  • Cette exception s’applique même aux activités commerciales.

  • Période concernée : investissements réalisés du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2027.

Objectif : permettre aux entreprises locales de reconstruire leurs outils de production avec le soutien d’investisseurs privés.

Relèvement du taux Girardin en Nouvelle-Calédonie (Article 34)

Le taux de réduction d’impôt pour les investissements productifs en Nouvelle-Calédonie passe de 38,25% à 45,9% dès le 1er janvier 2025. Ce renforcement se veut un signal clair pour stimuler l’investissement privé dans un contexte économique et social fragilisé.

Hausse du taux à Saint-Martin pour le secteur touristique (Article 35)

Les travaux de rénovation et de réhabilitation d’hôtels, résidences de tourisme et villages de vacances classés bénéficient désormais d’un taux de réduction d’impôt porté à 46,9% à Saint-Martin. L’objectif est de consolider l’offre touristique, encore en reconstruction après les cyclones, et de maintenir l’attractivité de l’île.


Quels impacts pour les investisseurs ?

Vers une défiscalisation plus ciblée et territorialisée

Ces ajustements traduisent une volonté de concentrer les avantages fiscaux sur des zones en difficulté ou stratégiques, privilégiant les projets à fort impact économique réel.

De nouvelles opportunités pour les conseillers en gestion de patrimoine et leurs clients

  • Possibilités accrues d’optimisation fiscale,
  • Diversification géographique des placements au-delà des DOM traditionnels,

  • Mise en œuvre de montages d’investissement robustes et porteurs de sens pour les économies locales.

Des exigences de conformité renforcées

Le législateur attend une transparence accrue, notamment sur les flux financiers et la solidité des sociétés porteuses de projets. Les dispositifs de type « Girardin clé en main » devront démontrer une utilisation rigoureuse et utile des fonds investis.


Perspectives 2025-2027

Ces mesures confirment l’évolution du Girardin vers une approche plus encadrée et plus responsable, conciliant avantage fiscal et utilité territoriale.

Entre Nouveaux taux avantageuxzones ciblées et contrôles renforcés, les investisseurs devront aborder cette nouvelle phase avec une stratégie claire, en privilégiant les partenaires locaux solides et un suivi minutieux des projets.